Guillaume de Bosco Boisseau

 

Une chronique italienne écrite en latin, et trouvée à Damiette en 1244 établit que le seigneur Guillaume de Boisboissel (de Bosco Boisseau en italien) a pris part à la croisade. C'était la VIIème croisade, la première de Saint Louis. Il est cité plus loin comme Bosco-Boselli (Edmond de Boisboissel affirme dans ses écrits que l'original est un parchemin et qu'une copie se trouve aux Archives)

Il convient ici d'être prudent, car de nombreux faux de cette époque ont été réalisés par le cabinet Courtois, et l'auteur de ce site n'a pu vérifier l'authenticité du document cité ci-dessus. Néanmoins plusieurs éléments supplémentaires tendraient à prouver que l'existence d'un Guillaume de Boisboissel croisé est très vraisemblable:

La tradition briochine

Durant certaines fêtes de Saint Brieuc, on se remémorait le retour de croisade de Guillaume de Boisboissel. Cependant la tradition populaire ne précise pas à quelle croisade ce Guillaume participa. Citons à cet effet un article de Ouest France paru le 6 juin 1983 racontant le déroulement à Saint Brieuc du concours national des batteries-fanfares, dans lequel est décrit un spectacle mentionnant le retour de croisade d'un Guillaume de Boisboissel ... en 1311! (voir l'article à la fin de cette page).

De même, certains auteurs associent ce croisé à Guillaume de Boisboissel qui échangea ses gages de bataille avec Jean Jogueti, de Plédran en 1311.

Un croisé de la VIIème croisade ne peut bien évidemment pas échanger des gages de bataille quelques 61 ans après la bataille de la Mansourah! Or étant donné que la branche cadette des Boisboissel, la branche des Guillaume qui perdura du XIIIème au XVIème siècle, donnait par tradition le prénom Guillaume à l'aîné de la famille, il est tout à fait concevable que le Guillaume de 1311 descende du croisé et qu'il soit son fils ou son petit-fils. Notons que la tradition du prénom Guillaume dans cette branche est très probablement due à la vénération de Saint Guillaume Pinchon, évêque de Saint Brieuc, décédé en 1234 et premier saint de Bretagne à être canonisé "régulièrement" par Rome en 1247 par le pape Innocent IV.

En outre

Des Annotations manuscrites sur l'ouvrage "Recherche sur la noblesse de Bretagne", de la bibliothèque du Collège héraldique de France, indiquent que la famille de Boisboissel prit part à l'expédition de la terre sainte, sous Saint-Louis.

Citons également que le fait que Pierre de Boisboissel fut en possessions de reliques de la Passion au XIVème siècle (voir chapitre Reliques de la passion), et que c'est Saint Louis qui oeuvra pour récupérer ces reliques pour le royaume de France en 1239, d'où un éventuel lien entre le saint monarque et les Boisboissel, et dès lors pourquoi pas lors de la première croisade du saint, ce qui semble le plus vraisemblable.

En tout état de cause, ce Guillaume dut se croiser de croix noire, comme tous les chevaliers Bretons l'étaient, ce qui fut l'origine du Kroaz Du, le premier drapeau Breton officiel.

Siège de Damiette en 1249 (BNF ms fr 2628 f°328v.)

 

La VII ème croisade

Ce fut Saint Louis qui releva le défi d'une nouvelle croisade. Il se croisa en 1244 à la suite d'une maladie qui l'amena à une telle extrémité que "l'une des dames qui le gardait lui voulait tirer le drap sur le visage et disait qu'il était mort".

Pour ce roi, chevalier modèle, une participation personnelle au saint pèlerinage est un devoir de conscience. L'expédition regroupe autour de lui la fine fleur des grands barons et de la chevalerie capétienne, dont ses propres frères et le sire de Joinville, et également les chevaliers Bretons emmenés par Pierre de Bretagne commandant un bataillon.

Pendant quatre ans le roi prépare minutieusement l'expédition qui s'embarque par mer à Aigues-Mortes le 25 août 1248, arrive à Chypre en septembre et après une pesante inaction utilisée à rétablir l'ordre entre les différentes factions italiennes, s'embarque pour Damiette en mai 1249 pour l'atteindre le 4 juin. Après une courte bataille victorieuse sur le littoral, la ville de Damiette est occupée. Mais, six mois plus tard, après les crues du Nil à la suite d'une mauvaise manœuvre de Robert d'Artois, frère du roi, St Louis se laisse enfermer dans la Mansourah en février 1250 où une partie de son armée est décimée par une épidémie. En avril 1250, il capitule sans conditions. Les Sarrasins achèvent ensuite les blessés et les épuisés avant de poser la question suivante aux rescapés: "Veux-tu renier ta religion?": ceux qui refusent se voient couper la tête. Il se dirige ensuite vers Saint Jean d'Acre d'où il rembarque vers la France en 1254, avec dans l'espoir de revenir fouler la Terre Sainte ultérieurement.

 

Article du Ouest France du 6 juin 1983

 

Index: