Yves de Boisboissel

GÉNÉRAL DE CORPS D'ARMÉE DES TROUPES COLONIALES

Grand Officier de la légion d'honneur, croix de guerre 1914-1918, croix du mérite militaire espagnol, décoré des palmes accadémiques

1886 - 1960

 

La bibliographie ci dessous a été écrite par Henry de Boisboissel, son fils, et présentée à la Société de Géographie Humaine de Paris en 2000. Le texte ci dessous est une transcription intégrale de ce discours.

Introduction par Henry de Boisboissel

A l'occasion du Colloque sur le Maroc, récemment organisé par notre Société, j'ai présenté un ouvrage du Général de Boisboissel, mon père, sur le Maréchal Lyautey, qu'il " servit " pendant onze ans au Maroc, en postes et dans son entourage immédiat. Qui était ce collaborateur de " ce grand Français", il serait juste de dire "ce grand marocain", selon les propres paroles de S. M. Sidi Mohammed, Sultan du Maroc (lors de l'inauguration de sa tatue, à Casablanca, en 1938)? Un grand breton ", écrit Pierre Lyautey, le neveu du Maréchal, dans sa préface du livre d'un authentique Barde de Bretagne, Ernest Le Barzic : " Un intime du lorrain Lyautey, le Général de Boisboissel ". C'est d'ailleurs dans ce livre, ainsi que chez le Général Charbonneau, que j'ai puisé l'essentiel de la présente biographie Breton, intime du lorrain Lyautey… Des liens étroits unirent en effet, malgré la différence d'âge et de grade, ces représentants de deux anciennes familles, profondément attachés à leurs racines provinciales. Dans la préface d'un ouvrage de mon père sur la Bretagne ( Bretagne, ma mère bien aimée de "Souffles du terroir et du large"), Lyautey s'est lui-même présenté comme "ton vieil ami, uni à toi par la fraternité d'armes, devenue si vite une fraternité de coeur et d'âme ".

Sa jeunesse

Yves de Boisboissel ne naquit pas, comme le voudrait la tradition, dans le manoir familial des Côtes d'Armor, mais à Paris en 1886. Il perçut néanmoins, à 15 ans, en vrai " brezonek ", l'appel de la mer, et prépara l'Ecole Navale, au Collège Saint-Charles à Saint-Brieuc.

Admissible, deux années de suite, il échoue de très peu. A dire vrai, l'enseignement des Frères Marianites n'était peut-être pas tout à fait adapté à l'évolution des Institutions… L'appel de la mer étant toujours là, il envisagea alors une carrière d'officier au long cours. Après l'examen théorique, à 'Ecole d'hydrographie du Havre, il embarque, pour la partie pratique, comme " pilotin " sur un Grand Voilier, le trois-mâts "Eugène Pergeline", de la Compagnie des Voiliers Nantais, pour un tour du monde de neuf mois. Un beau navire de 3000 tonnes, 90m de long, où le grand mât pointe à 40 mètres: La vie y est rude. Sur la dunette, ou au bossoir. il faut aussi prendre des ris, amurer la misaine, grimper dans les hauts larguer ou carguer les cacatois... Par gros temps, dans l'Atlantique Sud, dans la houle, le froid et le vent, la manoeuvre des voiles relevait de l'exploit sportif les " gabiers " ne disposant, pour courir le long des vergues et agripper la toile, que d'un simple filin comme " marchepied ". "Une main pour toi, une main pour l'Etat", ce dicton tenait lieu de consigne de sécurité. Le trois mâts fait le transport du nickel, de la Nouvelle-Calédonie à Glasgow. Le jeune pilotin double " les trois Caps " de l'hémisphère Sud, dont le fameux Cap Horn, ce qui, dans l'instant, l'autorise à " cracher au vent " et, plus tard, vaudra à la légion des cap-horniers de compter un général dans ses rangs. A la fin de cette rude campagne, il est devenu un vrai marin, prêt à courir les mers. Mais les possibilités de carrière dans " la Royale " ne s'annoncent pas brillantes, l'accès aux étoiles étant pratiquement réservé aux sortants du " BORDA " (Navire Ecole navale, ancien Vaisseau du Roi " ancré dans la rade de Brest). Il se tourne alors vers Saint-Cyr, où il est reçu, en 1906, 23ème sur 270 candidats. A la sortie, il choisit l'infanterie Coloniale, l' " Infanterie de Marine " des années passées, dont elle a gardé l'emblème, l'Ancre d'or.

Yves de Boisboissel, sorti 8ème sur 267, est garde du drapeau à Saint Cyr (derrière le porte-drapeau, au centre)

Méhariste

Sous-lieutenant en octobre 1909, il est affecté au 22ème régiment d'Infanterie Coloniale, à Hyères. Lieutenant le 1er octobre 1910, désigné pour le 2ème Bataillon de Tirailleurs Sénégalais à Tombouctou, il va mener pendant trois ans la rude vie de nomade. Comme l'écrit le général Charbonneau : ces deux premières étapes de sa carrière, navigation au grand large, séjour en plein désert, avec leurs corollaires, le silence, la méditation, la contemplation de l'infini, l'ont marqué pour toute sa vie, en développant en lui le sens de l'initiative et des responsabilités et, malgré l'absence totale d'églises et de prêtres, en fortifiant sa foi en Dieu. Successivement, il dirige un détachement de protection des nomades, commande le poste de Bamba, forme un peloton de méharistes à la tête duquel il poursuit sans trêve " mejbours et rezzou " (i.e Pillards ou Dissidents). Toujours d'après le général Charbonneau, " quelques années plus tard, dans les tranchées de Champagne, des broussards revenus d'Afrique, égrenant leurs souvenirs, vantaient le peloton de Boisboissel ". Pour le jeune officier, la vie de méhariste continuera, harassante et exaltante à la fois, jusqu'en juin 1913. Enfin 1911, il escorte l'Azalaï (i.e la caravane du Sel, de Taoudenni à Tombouctou) sur Taoudenni. En 1912, il entre à Oualata, une ancienne capitale de l'empire du Mali, avec la Colonne Roullet, qui effectue la liaison avec les méharistes de Mauritanie: la jonction A.F.N - A.O.F. est réalisée... Le 16 décembre 1912, il est cité à l'ordre de la Région de Tombouctou, pour avoir mené de main de maître la poursuite d'un razzi. En mars 1913, il est proposé pour la Croix de la Légion d'honneur, à 26 ans, fait exceptionnel pour l'époque.

Il rentre en France le 4 juin, laissant derrière lui cette passionnante vie de méhariste, dont il gardera toujours la nostalgie : " L'Afrique est une rude initiatrice qui confirme les tempéraments, durcit les corps et les volontés, exalte les coeurs et laisse à ses fidèles la nostalgie de sa saine étreinte.. Un pays nous tient, nous possède, dans la mesure où nous y avons laissé de nous-mêmes... Il semble qu'il dilate l'espace, ce Sahara, qu'il apaise le rythme du temps. Par l'ascétisme qu'il impose, il élimine les bassesses. Il contient de rêve ce qu'il faut à l'ange pour n'être pas étouffé par la bête dans l'obsession des besoins physiques, des nécessités vitales et quotidiennes, mais, en même temps, il offre à l'action précise, efficace, un champ indéfini. Dans l'ordre professionnel, école de prévision, d'action, d'exemple, en bref de commandement...". " Toute négligence se paie, et cher, et sans délai. Manquer le puits ou le trouver bouché, c'est risquer la mort, et quelle mort! "

 

Le Maroc avec Lyautey

Le 13 octobre 1913, mariage d'Yves de Boisboissel avec Mlle Cécile de Gennes, qui l'aura attendu trois ans : Grandeur et servitude militaire, ou plutôt coloniale. De cette union naîtront quatre fils (dont la moitié choisiront le métier des armes mais qui, tous, seront des "coloniaux") et deux filles qui, elles aussi, passeront une partie de leur vie outre-mer. Après quelques mois de " lune de miel " à Bordeaux, au 7ème colonial, l'ancien méhariste est affecté au Maroc, c'est à dire qu'il est appelé à servir sous Lyautey. Le lieutenant ne tarde pas à conquérir l'estime et l'affection de ce chef qui a déclaré " Rien de grand ne se fait sans une parcelle d'amour ". Lui-même s'attache sans réserve à son "patron"- "Comme Lyautey l'écrira de lui-même qu'il était imprégné de Galliéni, Yves de Boisboissel sera imprégné de Lyautey, et pour toute Sa vie ". Cette vénération pour son grand aîné se reflétera plus tard dans la biographie qu'il lui consacrera. Et cette admiration et cette affection seront partagées par les autres biographes du Maréchal. L'un d'eux, Wladimir d'Ormesson, ne dit-il pas: " Ses officiers d'ordonnance, ses Chefs de Cabinet militaire et civil, un HENEDIC, un VATIN-PÉRIGNON, un BOISBOISSEL, un DUROSOY, pour ne citer que ceux-là, n'ont pas seulement été associés à la vie de Lyautey, ils ont été ses confidents, dans le sens propre du mot.". En cette fin de juillet 1914, le Résident Général reçoit l'ordre de ne maintenir au Maroc que le minimum de forces indispensables " le sort du Maroc devant se régler en Lorraine ", de réduire l'occupation à celle des principaux ports. Mais on sait qu'il résolut de ne pas évacuer un pouce du territoire conquis, de conserver la coquille de l'oeuf, l'armature protectrice même s'il s'est vidé de sa substance. " J'ai vidé la langouste, mais j'ai gardé la carapace !". En août, les opérations consistèrent donc dans l'évacuation des six batteries et des vingt bataillons demandés par le gouvernement, et par la mise en place des Territoriaux venus de France, et qui vont être encadrés par des officiers ayant la pratique de la guerre en Afrique, comme le lieutenant de Boisboissel. Le 9 mai 1915, celui-ci se distingue avec sa section de mitrailleuses, à l'attaque du Djebel Helfa, ce qui lui vaudra une citation.

 

La 1ère guerre mondiale

En 1916, son tour est venu de partir pour le Front de France, Malgré ses regrets que lui cause son départ du Maroc, le capitaine de Boisboissel ne cherche pas à l'éluder. Il y va de son honneur. Il est remplacé dans son rôle d'officier d'ordonnance par M- Wladimir d'Ormesson, le futur académicien. Le capitaine de Boisboissel ne tarde pas à se distinguer notamment devant le Moulin de Laffaux, dont il couvre les abords avec sa compagnie de mitrailleuses du 22ème Colonial. Première citation, à l'ordre du Corps d'Armée, le 14 mai 1917. Il reste seize mois sur le front français, où il reçoit une citation très élogieuse pour sa conduite au Chemin des Dames.

De nouveau le Maroc

Le 15 juin 1918, il retrouve le Maroc, à l'Etat-Major du 1er Corps d'Armée Colonial. Le 16 juin 1920, il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur (La " proposition " était partie en 1913 !...). Encore un séjour en France, pour suivre les cours de l'Ecole de Guerre. Quand il en sort en 1923, il repart auprès de Lyautey, comme Chef du 3ème Bureau ("opérations") de l'Etat-Major. Le 25 décembre 1924, il est promu Chef de Bataillon. La paix française règne partout : en juillet, Lyautey a inauguré à Casablanca le monument de la Victoire. Il " règne", mais en respectant les traditions locales. "Quant à Rabat, autour de sa splendide Résidence, construite d'après les données les plus sûres du style marocain, il a fait édifier ses services, il a respecté dans leur architecture les traditions de l'art marocain. " (Croidys). A ce moment, aucune cour n'est aussi brillante que celle du proconsul Lyautey l'Africain. " Qui n'a pas connu le Maroc, et plus spécialement Rabat, de 1919 à1924, n'a pas connu la douceur de vivre ou plutôt, et plus virilement, la joie de travailler, l'orgueil de créer, c'est-à-dire la grande passion humaine ". C'est Boisboissel qui parle. Il sait qu'il fait partie de " l'Equipe ", de cette équipe qui, après avoir assuré la paix et l'ordre, la sécurité des transmissions, travaillait à donner à ce pays un outillage économique, une vie moderne, tout on assurant la sauvegarde de ses institutions traditionnelles. De tout cela, il est fier dans l'entourage du Résident Général, lui, breton, il est l'un de ceux qui exigent que soient préservées les richesses artistiques et culturelles du pays, s'opposant au vandalisme des autochtones eux-mêmes. Comme son maître, Boisboissel aime l'action et s'enchante à ce mot, créer. Il aime à citer Nietzsche: " créer, grande, sublime joie humaine, la délivrance de la douleur et l'allégement de la vie." Mais cette "Pax Romana" va être troublée... Le chef Riffain Abd-el-Krim se révolte, soulève les tribus, lance contre nous la " Djihad " (la guerre sainte) et marche sur Fès. Le sort du Maroc est en jeu. Cette marche est stoppée de justesse par le général de Chambrun. " Abd-el-Krim tente alors la manoeuvre par les ailes et, cette fois, ce sont les troupes du général Freydenberg qui le repoussent. (Croidys). Or, le commandant de Boisboissel est le Chef d'Etat-Major de Freydenberg - un fameux baroudeur. En juin et début juillet 1925, alors que 5000 Riffains s'avancent dans la région de Taza, que des tribus se révoltent, menaçant de nous faire perdre l'Atlas, le Groupe Freydenberg " pion mobile qu'on promenait à la demande du danger sur l'échiquier des coups durs", livre 32 combats en 19 jours. En août 1925, le général Naulin, à qui le maréchal, à bout de forces, a donné le commandement des opérations, cite à l'ordre de l'armée le Commandant de Boisboissel dont les brillantes qualités se sont à nouveau affirmées " et loue sa coopération à la coordination des troupes françaises et espagnoles.

... sans Lyautey

Le 24 septembre 1925, le maréchal Lyautey donne sa démission : non sans un grand déchirement, il va quitter ce pays auquel, depuis treize ans, il a donné toutes ses forces (Croidys). On peut imaginer la peine d'Yves de Boisboissel. En décembre de cette année cruciale 1925, il est Officier de la Légion d'honneur (après avoir reçu la Croix du Mérite Militaire espagnol) et l'objet d'une citation à l'ordre de l'Armée. En 1926, il est Chef d' Etat-Major de la Région de Meknès, et participe activement à la réduction de la " tache de Taza ". Troisième citation à l'ordre de l'Armée. Au cours d'une permission de cette année 1926, Yves de Boisboissel passa deux jours à Thorey auprès de son ancien patron. Le vieux lion désabusé, qui " se consumait de n'être plus Lyautey : "Le Maroc? Connais pas !" avait-il répondu un jour à Pierre Laval. Mais il parle tout autrement à son ancien collaborateur " Nous sommes seuls, parle-moi du Maroc ". Que d'émotion chez le Maréchal et pour son fidèle Boisbois " Mais la guerre n'est pas encore finie ou, du moins, il s'agit maintenant de pacifier. En 1929, on trouve encore le chef de bataillon de Boisboissel, commandant le cercle de Missour depuis janvier 1928, en opérations dans l'Aït Yacoub. Il ne refuse pas son estime à l'adversaire : " Une guerre n'est jamais joyeuse, mais c'était du beau combat, franc, à vue, braves contre braves, " Il reçoit sa quatrième citation.

 

l'exposition coloniale

Le 25 septembre1929, il est promu lieutenant-colonel, "Hors tour", au titre du Conseil supérieur de la Guerre. Il va encore, comme Chef de son Etat-Major, servir Lyautey à qui, enfin, le Gouvernement a trouvé une tâche à sa mesure: l'organisation de l'Exposition Coloniale. Pour l'ancien proconsul, auquel la République rendait un hommage de reconnaissance bien mérité, ces quelques mois constituent " une bouffée d'air ensoleillé dans un long hiver", De nouveau, il crée, il bâtit. Il sait qu'il peut se reposer sur l'activité et la vigilance de "son" Boisboissel, qui est partout et fait merveille.

 

L'AOF

En août 1931, le Lt Colonel de Boisboissel prend les fonctions de Chef d'Etat-Major des troupes de l'AOF, auprès du Général Freydenberg, qui l'a fait venir à Dakar. A Noël 1933, il est Colonel et quand il est rapatrié, le 24 juillet 1934, le général Thiry, Commandant Supérieur. souligne ses qualités " qui en font un Chef d'Etat-Major modèle". Lyautey venait de mourir, le Colonel de Boisboissel fit partie de l'escorte qui emmena les restes mortels de Lyautey, de la Chapelle des Cordeliers, à Nancy, métropole des ducs de Lorraine - jusqu'au croiseur Dupleix à Marseille, où il embarqua pour ce Maroc que l'illustre défunt "avait tant aimé".

 

Le 21ème RIC

De la fin de 1934 au 1er janvier 1937 le colonel de Boisboissel commande le 21ème Régiment d'infanterie Coloniale, vieux régiment de Paris, régiment où servaient un bon nombre de Bretons, qui curent le loisir d'apprécier la considération dont ils furent l'objet. Pas seulement les Bretons, puisque le général Bazillon déclarait devant sa tombe "Jeune capitaine commandant de compagnie, j'eus l'inappréciable avantage de servir sous les ordres de ce chef si humain et si éclairé". Soit dit en passant, l'année 1936 ne fut pas de tout repos pour un régiment caserné à Paris même, et dans un quartier "populaire" de surcroît. C'est après ce commandement exercé dans des conditions difficiles qu'il est désigné comme commandant en Second de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Une consécration… Hélas, au lendemain des élections de 1936, sa nomination est annulée dans le contexte politique de l'époque. Il suit alors les cours du Centre des Hautes Etudes Militaires (CHEM), dont il sort, en juillet 1938, avec la mention: "Apte aux plus hauts emplois de la hiérarchie. "

 

La 2ème guerre mondiale: commandant supérieur de l'Afrique Occidentale Française

Il reprend alors la mer, pour l'Indochine où il prend le commandement de l'Infanterie de la Division " Cochinchine-Cambodge " et reçoit ses étoiles de général. En octobre 1940, il est chargé de la défense du Cambodge et " a la tâche bien lourde, étant données les circonstances politiques et la pénurie de nos effectifs, d'arrêter la ruée siamoise sur le Cambodge " (Général Charbonneau). En février 1941, il quitte l'Indochine pour Alger où, comme adjoint au général Koeltz commandant le 19ème Corps d'Armée, il " manœuvrera", à la barbe des Commissions d'armistice allemande et italienne, pour maintenir en état l'Armée d'Afrique, et la préparer à la reconquête de la France aux côtés des Alliés. Le 25 décembre 1942, ayant pris le Commandement du 19ème Corps, il est promu général de Corps d'Armée. En juin 1943, il va prendre un poste à sa taille, celui du Commandement Supérieur des troupes de l'A.O.F. Le 26 janvier 1944, il recevra une lettre officielle de félicitations du général de Gaulle pour " la belle tenue des troupes sous son commandement. En A.O.F sous votre impulsion, notre grande tradition guerrière reparaît dans toute sa vigueur".

Avec le général de Gaulle à Dakar en 1943

 

Revue des troupes le 14 juillet 1943 à Dakar

La retraite et ses oeuvres

Le 7 mai 1945. il est atteint par la limite d'âge, et doit cesser ses fonctions. Comme Lyautey vingt ans auparavant, l'activité qu'il vient de déployer pendant trois ans (et pour laquelle il sera élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d'Honneur) dans des circonstances bien difficiles, ne l'a pas préparé à cette retraite "réglementaire". De plus, on France, il se sent un peu perdu dans l'atmosphère trouble des lendemains de la Libération. Mais il reprend vite le dessus: de multiples tâches le sollicitent. D'abord celle de chef d'une famille nombreuse, tâche où il est d'ailleurs secondé par une épouse dévouée et pleine d'initiative, et tous deux vont s'occuper activement, aux oeuvres locales de leur lieu de résidence : Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine, où ses six enfants viendront régulièrement lui rendre visite ou lui demander des conseils éclairés. La proximité de la capitale lui permet une activité culturelle inlassable dans tous les domaines, en particulier l'outre-mer :

il écrit également:

et sur sa Bretagne, bien sûr,

 

Remise de décoration par le Maréchal Juin en 1942

Le général de Boisboissel, décoré par le maréchal Juin

 

texte de Henry de Boisboissel

 

A noter la réhabilitation du journal Marianne le 4 février 2002 comme suite à son accusation du général Yves de Boisboissel pour son attitude lors de la mutinerie de Thiaroye au Sénégal le 1er décembre 1944.

Citons http://www.marianne2.fr/Marianne-rectifie-le-tir-sur-le-general-de-Boisboissel_a34277.html

"Dans son numéro du 14 au 20 mai 2001, Marianne, à propos de l'affaire de la mutinerie de Thiaroye (Sénégal), en décembre 1944, a mis en cause le général de Boisboissel, commandant des forces armées de l'AOF, affirmant qu'il avait refusé de verser aux tirailleurs ex-prisonniers les sommes dues et tenté même de confisquer les salaires reçus. Les documents que nous a aimablement communiqués le fils du général montrent clairement que celui-ci n'avait jamais eu pareille intention - il n'en avait d'ailleurs pas le pouvoir - et qu'il a joué un rôle plus que modérateur dans cette tragédie mal connue, en raison du prestige dont il jouissait auprès des tirailleurs et de son attachement aux valeurs de son mentor, le maréchal Lyautey. Absent lors des événements à Thiaroye, il n'y a joué aucun rôle et ne saurait en être tenu pour responsable. La présentation générale du dossier pouvait laisser entendre que nous mettions sur le même pied le général de Boisboissel et le tristement célèbre général Aussaresses, ce qui n'a jamais été notre intention, compte tenu de la personnalité des deux hommes, et nous en donnons acte à Henry de Boisboissel."

Remercions le journal "Marianne" pour son honnêteté journalistique.

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