Hubert de Boisboissel

Colonel des troupes de marine

Officier de la légion d'honneur, Commandeur de l'ordre National du mérite, 6 citations

37 ans de service dont 26 hors de France

(1922-2008)

 

Décoré officier de la légion d'honneur le 19 Août 1967 à Carcassonne au 3è RPIMA par le Lt Col Courtiade

Né en 1922, Hubert de Boisboissel, fils du général Yves de Boisboissel, eut comme parrain le maréchal Lyautey, supérieur et ami de son père. Il fit ses études au Prytanée Militaire de La Flèche; puis en 1938 au lycée Chasseloup-Loubat de Saïgon, où son père commande l'Infanterie Divisionnaire Cochinchine-Cambodge.

Il s'engage comme "volontaire pour la durée de la guerre" au 11ème Régiment d'Infanterie Coloniale le 1er Juillet 1940, et participe comme motocycliste aux opérations contre l'armée Siamoise (Thailandaise) qui attaque le Cambodge, de novembre 1940 à février 1941. Simple "marsouin" de 1ère classe, il est décoré de l'ordre royal du Cambodge.

Reçu au concours des EOR, il rejoint l'école de Tong au Tonkin, dont il sort aspirant en 1942. Affecté au 19ème Régiment Mixte d'Infanterie Coloniale, il servira 3 ans à Moncaï sur la frontière de Chine (province de Kuang-Toung) avec des tirailleurs Tonkinois et Nungs d'origine chinoise, dont il appréciera hautement les qualités militaires et la fidélité.

Sous-lieutenant depuis 1944, il est affecté dans le Delta à Quang-Yen, où il combattra l'assaut japonais du 9 mars 1945. Fait prisonnier avec toute la garnison, il est déporté dans un camp de travail "forcé" à Hoa Binh, région connue comme une des plus insalubre d'Indochine, où mourront de misère et de maladies 40% des "travailleurs forcés". Le titre officiel de déporté sera reconnu aux survivants bien des années plus tard...

Après sept mois de captivité (Hiroshima leur sauva indirectement la vie, comme à plus de 200 000 prisonniers Américains, Anglais, Australiens, Indiens) il est affecté à Hanoï au 9ème RIC, reconstitué, jusqu'à son retour en France en mai 1946 après huit ans de séjour en Indochine.

Lieutenant en 1947, il est breveté parachutiste et retourne en Indochine jusqu'en 1950. Il y crée un commando de paras vietnamiens, sera blessé deux fois (dont une fois par une balle destinée au seul officier de la colonne: lui-même, et le lendemain par éclat de grenades lors de son évacuation). En fin de séjour il commandera une Compagnie de parachutistes Cambodgiens.

En septembre 1947 à Pau-Nieuport en attendant d'embarquer pour le 1er saut

On peut noter ici la facilité avec laquelle il s'attacha aux autochtones de diverses ethnies qu'il eut sous ses ordres (comme plus tard en Mauritanie). Il était exigeant, certes, mais "réglo" et respectait toujours leurs coutumes et leurs cultures; en bon officier colonial il savait aussi s'occuper des familles de ses hommes mariés.

Capitaine en 1953, il sert ensuite au Sénégal, et en Guinée, de 1952 à 1954, puis en Algérie après un an à l'école des troupes aéroportées de Pau. Il participe à l'opération de Suez en novembre 1956, parachuté sur Port Saïd. Il y sera cité à l'ordre de l'armée et fait chevalier de la Légion d'Honneur.

De retour en Algérie, c'est la bataille d'Alger où il commande la compagnie d'appui du 2ème RPC (parachutistes coloniaux à cette époque), sous les ordres du colonel Fossey-François, chef estimé (qui se tuera en meeting aérien quelques années plus tard).

Puis c'est la Mauritanie où il formera des parachutistes Maures (beïdanes = blancs par opposition aux Sudan = Noirs dans leur language). Il engagera avec succès ces rudes coureurs du désert dans l'opération "Ecouvillon" avec les Espagnols du Rio del Oro, contre les rebelles "Saharouis".

Retour en Algérie de 1960 à 1962, au 2ème RPIMA, unité d'intervention de la 10ème Division Parachutiste où il se verra confier un sous groupement de 400 paras sur le barrage "Maroc". Il sautera sur Bizerte en juillet 1961 à la tête d'un sous groupement de 3 compagnies, qui dégagera les faibles forces Françaises encerclées par les Tunisiens fanatisés. Cela lui vaut une citation à l'ordre de l'armée.

Hubert de Boisboissel fut noté par un de ses supérieurs "officier parfait". Cependant à la fin de la guerre d'Algérie, le désarroi de l'Armée Française poussa certains de ses membres à prendre une position en faveur de l'Algérie Française (position en vigueur depuis le 13 Mai 1958). La position officielle du général de Gaulle étant devenue autre, ce fut le début de l'OAS. Hubert de Boisboissel n'y participa pas, mais son nom fut touvé dans le carnet d'adresses du Colonel Chateau-Jobert, un des fondateurs de l'OAS (il avait sauté avec lui à Suez), et dès lors sa carrière fut stoppée et il n'obtint pas les hautes responsabilités auxquelles il aurait pu prétendre.

Après l'indépendance de l'Algérie, il suit après concours le stage du Centre des Hautes Etudes sur l'Afrique et l'Asie Modernes, dont il est diplômé.

En 1964, il part pour Djibouti comme chef de bataillon, commandant en second du 57ème Régiment Interarmes d'Outre-Mer.

Il rentre en France en 1966 au 3ème RPIMA de Carcassonne, jusqu'à son départ pour la Palestine comme observateur militaire de l'ONU pour la surveillance de la trève qui suit la guerre des Six Jours, mission qui l'emmènera tantôt en Syrie, tantôt en Israël ou sur le canal de Suez. Cette mission lui vaudra la "Medal for the Peace" de l'ONU.

En 1970, il est stagiaire à l'Ecole Militaire des Armes Spéciales de Grenoble, et qualifié "officier de défense NBC" (Nucléaire Bactériologique Chimique); il restera toujours intéressé par cette forme de guerre (non conventionnelle).

Puis il est affecté à Trèves, commandant en second du 81ème régiment de soutien logistique de la 1ère DB, et ensuite à l'Ecole des Système d'Armes de l'OTAN à Oberammergau en Bavière. Lieutenant-colonel, il est chef de la division traduction-interprétation simultanée pour les questions NBC.

Enfin il rejoint ensuite la France comme Délégué Militaire Départemental du territoire de Belfort de 1973 à 1974, puis DMD du Morbihan, jusqu'à sa retraire en 1978 comme colonel.

Hubert de Boisboissel est décédé à Vannes le 20 août 2008 et inhumé à Saint Nicolas du Pélem.

Dédicace de son parrain le maréchal Lyautey à Hubert de Boisboissel:

"Pour qu'il soit aussi bien que son père.

Son parrain Lyautey 1924"

Par ailleurs, Hubert de Boisboissel est l'auteur du livre "Douce Amère Indochine" (imprimerie de Bretagne, Vannes) qu'il a édité lui même où il raconte son expérience en Indochine de 1938 à 1946 et du magnifique ouvrage "Pages d'un carnet de vol" (Mémoires d'Hommes) où il raconte sa vie de parachutiste.

Il est également l'auteur de nombreux études ou mémoires, la plupart à vocation historique ou militaire ou sur l'Indochine et le Sahara. Citons par exemple "l'expédition des émigrés royalistes à Quiberon en 1795" pour l'Association Bretonne.

 

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