Vie de Yves du Boisboissel


Yves du Boisboissel, né en 1280 à Saint Brieuc, est le fils de Juhaël Le Prévost. M. Couffon dans son catalogue des évêques de Tréguier pour l'enquête de 1341 pour la succession du duché, l'indique comme fils de Juhel le Prévot et frère de Chenin le Prévot et de Margelie du Boisboissel (Bibl . Nat ., f. fr. 22338 p. 118 et suiv.).

Il fut l'ecclésiastique le plus marquant de l'histoire de la famille.

Sa carrière écclésiastique

D'abord chantre de Saint -Brieuc (chanoine en charge du chant choral liturgique), il est indiqué comme professeur de droit civil en 1318.

Mentionné comme chanoine (chargé de la prière officielle de l'Eglise) à Léon en 1318 et chanoine de Saint-Guillaume à Saint-Brieuc la même année, il part ensuite pourTréguier pour y exercer la même charge jusqu'en 1326, puis on le retrouve à Poitiers en 1326 comme chanoine de Saint-Hilaire. Il est également cité comme chanoine à Quimper et Saint-Malo ("l'entourage des évêques de Saint Brieuc au XIIIème au début du XVIème", Mathieu Glaz, mémoire de Master 2 sous la direction d'Yves Coativy, 2009).

Il fut pourvu de l'évêché de Tréguier le 7 octobre 1327, jusqu'en 1330. Il est ensuite nommé évêque de Quimper du 31 août 1330 à 1333, puis transféré comme évêque de Saint-Malo du 22 janvier 1333 jusqu'à sa mort en 1348.


Il fut en procès avec le doyen et le chapitre de ce dernier évêché et le pape dut intervenir le 30 août 1338 (DAUMET: lettres closes de Benoit XII, n° 421). En 1347, il transige avec son chapitre pour 2 chapelles fondées par Raoul Rousselet et Alain Gonthier, ses prédécesseurs.

Le testament de Pierre de Boisboissel en 1362 indique que Yves fonda une "chapellanie" en l'église de Saint Michel alors qu'il était alors évêque de Saint Malo. Pierre de Boisboissel ordonna dans son codicille de 1364 qu'elle soit parachevée.


Un évêque proche du duc de Bretagne et des rois de France

Yves de Boisboissel est mentionné comme procureur du roi Philippe le Bel en Bretagne en 1312, conseiller au parlement de Bretagne de 1313 à 1340, clerc du roi Charles IV de 1322 à 1326.

Il tient le poste de conseiller de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre durant la guerre de succession de Bretagne ("l'entourage des évêques de Saint Brieuc au XIIIème au début du XVIème", Mathieu Glaz, mémoire de Master 2 sous la direction d'Yves Coativy, 2009).

Yves fut qualifié de président aux enquêtes dans le rôle des officiers nommés pour la tenue du parlement de Paris en 1336.


La canonisation de Saint-Yves

Avec Guy de Bretagne, frère du duc de Bretagne Jean III, et comte de Penthièvre, il se rendit à Rome en décembre 1329, muni d'une procuration du chapitre, pour supplier le pape Jean XXII de procéder à la canonisation de saint Yves (Yves Hélory) pour laquelle il oeuvra avec force ( J.M. VIDAL.: registres de Benoit XII n° 5062). Cet épisode est relaté en images dans la vie de saint Yves pour les enfants (et les adultes) de la collection "Belles Histoires et Belles Vies" de l'abbé Falc'hun.

Cette ambassade fut reçue favorablement par le pape qui décréta le 26 février 1330 l'ouverture d'une enquête sur la vie, les vertus et les miracles d'Yves Héloury.

Dom Maurice cite: "Le chapitre de Tréguier donna procuration le 9 décembre 1329 à Yves son évêque pour aller à Avignon poursuivre cette affaire. Gui de Bretagne, frère du Duc, voulut accompagner ce prélat et fit de nouvelles instances au pape tant de la part du Duc que de celles des seigneurs bretons" (dom Maurice, livre VII p 278).

 

 Statue de Saint Yves, Minihy Tréguier

"De retour à Tréguier, l'évêque Yves de Boisboissel commença l'enquête. Il réunit un synode et décida que tous les fidèles du diocèse qui étaient en âge de jeûner et bien portants, jeûneraient le 6 juin 1330 et, que ce jour-là, on chanterait une messe en l'honneur du Saint Esprit dans chaque paroisse, pour obtenir de Dieu de nouveaux miracles par l'intercession de monseigneur Yves, fils d'Héloury. L'enquête commença le 23 juin 1330. A la première séance, l'évêque Yves de Boisboissel prêta serment et le défilé des témoins commença. Ceux-ci furent interrogés secrètement et séparément. Un interprète pour chaque dialecte breton avait été prévu." (la Vie de saint Yves, Henri Poisson, Ed Ouest-France, Avril 2003 p.112)


Le sceau de Yves de Boisboissel

Le premier témoin des armes des teneurs du fief de Boisboissel est le sceau de l'évêque Yves de 1329 (AD35 6 J 26). Etant donné que c'est un sceau, il ne donne pas de couleur. Sa lecture donnée par madame Martine Fabre dans sa thèse (n° 894) est : "d'hermines à la face (?) brochant". On retrouve bien les hermines et une bande, qui n'est pas en chef, mais "au milieu" de l'écu. Rien ne permet de connaître l'émail de cette face, mais en référence aux armes des Boisboissel, la couleur de gueules est fort probable.

D'autres armes de cet évêque nous ont été transmises par Gaignères, avec un sceau et contre-sceau de 1334. Elles sont les mêmes que celles de la maison Prigent: d'azur à une fasce d'or accompagnée de trois molettes de même 2 et 1 (Bibl. nat., f. lat. 17027, p 34). Or il est courant à cette époque que les évêques choisissent leurs propres armes et qu'elles peuvent ainsi différer de celles de leur famille (nombre d'évêques ne sont pas de noble origine d'ailleurs). Il est exposé ci dessous (n° 895 du catalogue de Martine Fabre). Or cette entrée comporte la remarque suivante (t. 1, p. 215) : "on a fait de ce sceau un sceau personnel, sur le modèle du sceau d'Alain Gonthier, prédécesseur d'Yves, bien que la légende soit perdue": il se peut donc que ce sceau ne soit pas celui d'Yves de Boisboissel, mais que le sceau exposé ci-dessus soit le plus probable.

 

 

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