Le différend avec les Plédran

 

Saint Brieuc était une ville ouverte, et placée sous l'autorité pacifique de l'évêque. Elle ne pouvait donc pas prendre part aux luttes lors de la guerre de succession des deux Jeanne de la même façon que les places fortes de la principauté.

Elle fut cependant ravagée au XIV siècle, à la suite d'une querelle particulière entre les Boisboissel et les Plédran (famille éteinte de nos jours).

Henri de Plédran

En 1311, Guillaume de Boisboissel et Jean Jogueti, de Plédran, tous deux écuyers, avant d'en venir à un combat singulier à la suite d'injures réciproques, furent autorisés par la cour séculière de l'évêque à déposer leurs gages de bataille (gagia duelli) entre les mains de Geoffroy II, évêque depuis 1295. Les champions avaient fait appel au Parlement de la décision de l'évêque qui avait fait saisir leurs chevaux et leurs armes. Il fallut l'intervention du roi Philippe IV le Bel pour arrêter le duel et par ordonnance du vendredi après la Pentecôte de l'an 1311, annuler la sentence rendue par la cour de l'évêque et le condamner à restituer les cautions, ainsi qu'une amende assez considérable. (Les Olim, tome 3, 1ere partie, p679)

Malheureusement cette lutte fut reprise par Henri de Plédran contre Pierre de Boisboissel, bien que tous deux soient du parti des Blois. L'abbé Ruffelet prétend que Henri de Plédran s'empara de la cathédrale, du manoir épiscopal, pilla les biens des chanoines et fit subir aux habitants tant de mauvais traitements qu'il fut excommunié. (Archives du Bois de La Villerabel)

Une bataille Boisboissel/Plédran dans Saint Brieuc

Selon l'historien Du Pas, l'évêque Guy de Montfort aurait, par amour de la paix, levé cette excommunication portée par son prédécesseur et institué en 1353, le sieur de Plédran capitaine de la tour et du manoir de Saint Brieuc (probablement l'évêché et la cathédrale, ces 2 édifices communiquaient en effet et formaient au milieu de la ville une véritable forteresse où tout le monde se réfugiait en cas d'alarme).

Cette fois les 2 ennemis se livrèrent au combat dans la place même et le désordre fut bientôt à son comble: la tour, une partie de l'église et le manoir furent saccagés et brulés. Enfin Charles de Blois lui-même intervint et fit rendre leurs biens à l'évêque et au chapitre. L'évêque Guy de Montfort répara alors sa largesse malheureuse en réparant la cathédrale.

(d'après Jules Lamare, Histoire de la ville de saint Brieuc, ed. de la Tour Gile)

Index: